©Pauline Boudry et Renate Lorenz

Pauline Boudry, Renate Lorenz (CH/DE)

No/t One

Performance / Installation

  • 2h - Possibilité d'entrer et sortir
  • F Recommandé aux malentendant·e·x·s
  • A Peu ou pas de texte

De Pauline Boudry / Renate Lorenz avec Harry Alexander, Julie Cunningham, Werner Hirsch, Nach, Joy Alpuerto Ritter, Aaliyah Tanisha. Gayrillères chorégraphie: Julie Cunningham and Harry Alexander. Autres chorégraphies: Werner Hirsch, Nach, Joy Alpuerto Ritter, Aaliyah Tanisha. Performance live: Julie Cunningham, Harry Alexander, Nach, Joy Alpuerto Ritter, Aaliyah Tanisha. Création sonore : rRoxymore. Live: Ivo Dimchev.

Rendus ultras visibles, les corps finissent par échapper à la vue.
Les Gayrillères, elles, apparaissent la nuit, dans les clubs désertés, lieux de drague, en marge d’une manifestation, ou encore dans les sous-sols d’un musée ; dans l’underground en somme.
Activée par la puissance imprévisible des corps ensemble, cette guerilla gay s’organise par toute une série de pas, à l’unisson, expérimentant des formes collectives.
Inspirés par les écrits de Monique Wittig, les jouissances des Gayrillères vont de pair avec la mélancolie du backlash politique: les corps emprisonnés, les cercles sans fin de la militarisation, la position sociale de la personne déviante.
Alors que les corps des performeur·se·xs sont toujours trop ou pas assez éclairé·e·xs, la lumière des costumes comme seule source d’éclairage de leur marche rappelle la notion du droit à l’opacité d’Édouard Glissant, le droit de disparaître, ou de contrôler sa propre visibilisation.

Les Gayrillères (2022), (No) Time (2020) et Moving Backwards (2019) font partie d’une trilogie d’installations de films expérimentaux de Pauline Boudry / Renate Lorenz explorant la force politique de la danse, inspirés du hip-hop, du dancehall, de la danse (post-)moderne et de la performance drag.

Pauline Boudry et Renate Lorenz travaillent en collaboration à Berlin depuis 2007. Elles produisent des installations qui chorégraphient la tension entre visibilité et opacité. Leurs films captent des performances devant la caméra, souvent à partir d’une chanson, d’une image, d’un film ou d’une partition du passé proche. Ils bousculent les récits historiques normatifs et les conventions du spectateur·rice·x. Elles travaillent avec comme interprètes des chorégraphes, artistes et musicien·ne·xs, avec lesquel·le·xs elles entretiennent un échange à long terme sur les conditions de la performance, l’histoire violente de la visibilité, la pathologisation des corps, mais aussi sur le compagnonnage, le glamour et la résistance.